Abandon de la taxe carbone

Publié le par BATICHAUFFE

Un pas en avant 2 pas en arrière, depuis des mois polémiques sur une taxe impopulaire...Cette taxe fera encore parler d'elle dans les mois avenir à ne pas en douter...réaction des parlementaires.

Les principales réactions mardi à la promesse faite dans la matinée par le Premier ministre François Fillon aux députés de l'UMP que la taxe carbone serait "européenne" ou ne serait pas:

- Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, dans un communiqué:

"La fiscalité écologique reste une grande idée, absolument indispensable pour accélérer la mutation écologique et économique de notre pays. Je reste convaincu de sa nécessité. Cependant, la contribution carbone a été l'otage de débats qui ont dépassé largement le champ de l'écologie et qui ont conduit à une profonde incompréhension. Je suis, à titre personnel, déçu par toutes ces controverses et ces malentendus".

Chantal Jouanno, bien que membre au gouvernement, a rapidement réagi, en prenant ses distances. La secrétaire d'Etat à l'Ecologie s'est déclarée "désespérée de ce recul, désespérée que ce soit l'écolo-scepticisme qui l'emporte". "Je ne suis pas en phase avec cette décision", a-t-elle affirmé à l'AFP.


Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale Jean-François Copé:

"L'idée que cette taxe carbone soit européenne ou qu'elle ne soit pas est venue sur la table et nous sommes tombés d'accord avec le Premier ministre sur l'idée que la démarche devait être à l'échelle européenne et pas simplement française".

"S'il n'y a pas d'accord européen avant le 1er juillet, ça se fera plus tard".

- Ségolène Royal, présidente de la région de Poitou-Charentes, sur TF1:

"J'ai toujours dit que cette taxe était à la fois injuste et inefficace. Cette taxe n'a de sens que s'il y a des solutions alternatives. (...) Tant qu'on n'a pas développé la voiture électrique ou des transports alternatifs, cette taxe est parfaitement injuste et antisociale, et c'est une bonne chose qu'elle soit retirée".

Même son de cloche du côté des Verts, qui dénoncent "un discours illusoire à propos de l'environnement".


Officiellement, la taxe carbone n'est pas définitivement morte. François Fillon souligne qu'elle doit se faire au niveau européen, selon plusieurs participants à la réunion du groupe UMP. Objectif: "ne pas plomber la compétitivité" des entreprises françaises.

Cependant, l'économiste à l'OFCE, Jacques Le Cacheux annonce dans une interview à L'Expansion, qu' "une taxe carbone européenne n'est pas envisageable. Il faut l'unanimité des membres de l'Union européenne, or il existe de profonds désaccords entre les pays. Le Royaume-Uni est hostile à une quelconque harmonisation de la fiscalité, et les pays de l'Est, notamment la Pologne, ne veulent pas du principe même d'une taxe carbone."

Dans un entretien au Figaro Magazine à la veille du premier tour des régionales, le président Nicolas Sarkozy avait laissé présager un changement de calendrier sur la taxe carbone. "Nous n'imposerons pas à nos industriels des contraintes si, dans le même temps, on autorise les importations venant de pays qui ne respectent aucune des règles environnementales à inonder nos marchés", avait dit le chef de l'Etat.

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Publié dans Communiqués de Presse

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